dimanche 7 mars 2021

Le Marcionisme : hérésie ou vrai mysticisme ? conclusion

L'importance de Marcion dans l'histoire de la chrétienté est indéniable aujourd'hui. Mais l’Église de Marcion sera souvent imitée, citée et bien sûr, déformée. Il fut d'ailleurs souvent nommé « le premier protestant », ce qui permet de rappeler que le christianisme des origines faillit se diviser en deux branches, lors de l'expansion marcionite. En recomposant l’Évangile de Luc, et en rejetant le Dieu d’Israël présent dans l'Ancien testament, Marcion a provoqué la résistance d'une chrétienté vacillante. Il y aurait eu autant de marcionites que de chrétiens.
Les dérives antijudaïques de Marcion nourriront évidemment les concepts antisémites d'une certaine catégorie de Nazis illuminés. Carl Schmitt (1888-1985), juriste du IIIème Reich, professeur de droit et catholique fervent, fut très marqué par l'idéologie marcionite, comme le rappelle Tristan Storme dans son ouvrage Carl Schmitt et le marcionisme, publié en 2008. Marcion, dont l’Église balaye systématiquement la mémoire au nom de l'hérésie, est accusé d'être aux origines de l'antisémitisme catholique. La parution de la somme magistrale de von Harnack, en pleine expansion des idées nazies dans l'Allemagne des années 20 et 30, serait le signe de cette radicalisation de certains catholiques européens. Peut-on voir dans le Nazisme une résurgence marcionite modernisée, dans le but de discréditer un peu plus Marcion ? 
 
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