La transmission du Paulicianisme aux cathares
Les Bogomiles sont le trait d'union entre les derniers pauliciens et les premiers cathares.
Ce nouveau mouvement chrétien est en tout point
semblable au Paulicianisme, et constitue la souche des premiers
cathares occidentaux. Cosmas témoigne dans son traité de la manière
dont les adeptes bogomiles dissimulent leurs croyances et pratiques,
comment ils refusent la richesse matérielle et ostentatoire, comment
ils se croient autorisés à lutter contre les inégalités sociales.
Il insiste sur le fait qu'ils se prétendent être « les vrais
Chrétiens » ou « christopolites ».
Les Bogomiles, à
l'époque où Cosmas rédige son curieux traité, sont nombreux :
« plusieurs dizaines de milliers » selon lui.
Ainsi, ils sont pourchassés, jetés en prison, et exécutés. C'est
surtout le succès de leur propagande qui irrite le moine bulgare,
car celle-ci rencontre de nombreuses sympathies, auprès des gens
simples, et même du bas-clergé. Cosmas écrit : « ils
y sèment l'ivraie de leur enseignement ». Leur morale
rigoureuse et les enseignements ascétiques que les synekdèmes
professent, rendent les bogomiles très populaires, dans la Bulgarie
du XIème siècle. Mais Cosmas leur reproche leurs
erreurs : ils pèchent par ignorance, ils interprètent
faussement les Évangiles.
Le bogomilisme en Languedoc
Les Bogomiles connaissent des persécutions dans l'empire byzantin dès le début du XIIème siècle.
Sous Manuel Ier Comnène (1143-1180), l'empereur
byzantin, les vagues de répression s'intensifient. Stefan Nemnja
(1117-1199), roi serbe, organise un concile visant à lutter contre
l'hérésie installée en Serbie qu'il tient à chasser. Un
conseiller de Manuel Ier, Hugues Ethérien de Pise,
compose un traité contre les « patarins » de
l'Hellespont. Le nom patarin est un terme péjoratif désignant
en Italie les hérétiques ou les cathares, prônant un christianisme
« dualiste » ; la pataria milanaise est la
plus importante. Il propose même de les marquer d'un thêta noir sur
le front ou de les brûler.
Mais Nicétas, l'évêque
bogomile de Constantinople, se rend, au début du XIIème
siècle, à Milan, auprès de Marc, de Concorezzo, un ancien
fossoyeur converti au catharisme. Nicétas est en tournée pastorale
en Occident : il souhaite confirmer l'organisation de l’Église
bogomile. Les deux hommes se rendent ensemble au concile cathare de
Saint-Félix, en Languedoc, en 1167, dans le but d'organiser au mieux
le mouvement en France, en Italie et en Catalogne. Marc est ordonné
alors « évêque » de Lombardie. Nicétas lui donne le
consolamentum, l'imposition des mains, en même temps que cinq
autres nouveaux évêques, pour les villes d'Agen, Carcassonne, Albi,
Toulouse et pour la région champenoise.
Nicétas rappelle, lors
du synode, qu'il existe en Orient cinq autres Églises bogomiles :
celle de Romanie, vers Constantinople, dont il est lui-même
l'évêque ; celle de Dragovitie, en Macédoine, qui comprend
les villes de Salonique et Okhrida ; celle de Mélenguie, dans
le Péloponnèse ; celle de Bulgarie ; et enfin, celle de
Dalmatie sur les rives Est de la mer Adriatique. Ces nouveaux
religieux sont pour le pouvoir des hérétiques appelés cathares.
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