jeudi 26 janvier 2017

Le Paulicianisme : aux sources du Catharisme partie 07

La transmission du Paulicianisme aux cathares

Les Bogomiles sont le trait d'union entre les derniers pauliciens et les premiers cathares. 
Ce nouveau mouvement chrétien est en tout point semblable au Paulicianisme, et constitue la souche des premiers cathares occidentaux. Cosmas témoigne dans son traité de la manière dont les adeptes bogomiles dissimulent leurs croyances et pratiques, comment ils refusent la richesse matérielle et ostentatoire, comment ils se croient autorisés à lutter contre les inégalités sociales. Il insiste sur le fait qu'ils se prétendent être « les vrais Chrétiens » ou « christopolites ».
Les Bogomiles, à l'époque où Cosmas rédige son curieux traité, sont nombreux : « plusieurs dizaines de milliers » selon lui. Ainsi, ils sont pourchassés, jetés en prison, et exécutés. C'est surtout le succès de leur propagande qui irrite le moine bulgare, car celle-ci rencontre de nombreuses sympathies, auprès des gens simples, et même du bas-clergé. Cosmas écrit : « ils y sèment l'ivraie de leur enseignement ». Leur morale rigoureuse et les enseignements ascétiques que les synekdèmes professent, rendent les bogomiles très populaires, dans la Bulgarie du XIème siècle. Mais Cosmas leur reproche leurs erreurs : ils pèchent par ignorance, ils interprètent faussement les Évangiles.


Le bogomilisme en Languedoc

Les Bogomiles connaissent des persécutions dans l'empire byzantin dès le début du XIIème siècle. 
Sous Manuel Ier Comnène (1143-1180), l'empereur byzantin, les vagues de répression s'intensifient. Stefan Nemnja (1117-1199), roi serbe, organise un concile visant à lutter contre l'hérésie installée en Serbie qu'il tient à chasser. Un conseiller de Manuel Ier, Hugues Ethérien de Pise, compose un traité contre les « patarins » de l'Hellespont. Le nom patarin est un terme péjoratif désignant en Italie les hérétiques ou les cathares, prônant un christianisme « dualiste » ; la pataria milanaise est la plus importante. Il propose même de les marquer d'un thêta noir sur le front ou de les brûler.
Mais Nicétas, l'évêque bogomile de Constantinople, se rend, au début du XIIème siècle, à Milan, auprès de Marc, de Concorezzo, un ancien fossoyeur converti au catharisme. Nicétas est en tournée pastorale en Occident : il souhaite confirmer l'organisation de l’Église bogomile. Les deux hommes se rendent ensemble au concile cathare de Saint-Félix, en Languedoc, en 1167, dans le but d'organiser au mieux le mouvement en France, en Italie et en Catalogne. Marc est ordonné alors « évêque » de Lombardie. Nicétas lui donne le consolamentum, l'imposition des mains, en même temps que cinq autres nouveaux évêques, pour les villes d'Agen, Carcassonne, Albi, Toulouse et pour la région champenoise.
Nicétas rappelle, lors du synode, qu'il existe en Orient cinq autres Églises bogomiles : celle de Romanie, vers Constantinople, dont il est lui-même l'évêque ; celle de Dragovitie, en Macédoine, qui comprend les villes de Salonique et Okhrida ; celle de Mélenguie, dans le Péloponnèse ; celle de Bulgarie ; et enfin, celle de Dalmatie sur les rives Est de la mer Adriatique. Ces nouveaux religieux sont pour le pouvoir des hérétiques appelés cathares.

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