Quelques Antithèses de Marcion, reconstituées par A. von Harnack
III. Josué a conquis la terre avec violence et cruauté ; mais le Christ interdit toute violence et prêche la miséricorde et la paix.
VII. Le prophète du Dieu créateur, alors que le peuple était engagé dans la bataille ; monta au sommet de la montagne et étendit les mains vers Dieu pour qu’il tue le plus grand nombre dans la bataille ; mais notre Seigneur, le bon, étendit ses mains (sur la croix) non pas pour tuer des hommes, mais pour les sauver.
XVIII. Le Christ des juifs est destiné exclusivement par le Créateur du monde à rassembler le peuple des juifs dispersés ; mais notre Christ est chargé par Dieu bon de la libération de l’ensemble du genre humain.
XXVII. La loi interdit de toucher une femme souffrant d’un flux de sang ; le Christ non seulement la touche, mais la guérit.
Le docétisme
C'est une secte gnostique parmi tant d'autres, qui connaît un relatif succès au IIème siècle. Les docètes affirment que le corps de Jésus-Christ est une image, ils ne reconnaissent pas son humanité. Le Fils de Dieu est né, a souffert et est mort, seulement en apparence (dokein en grec signifie « sembler, apparaître »). C'est une conception du corps christique qui découle du principe selon lequel tout principe physique et matériel, et avant tout le corps charnel, est une œuvre du mal. Le Christ n'aurait pas pu avoir donc une telle réalité physique.
Évidemment, les pères de l’Église réfutent ces principes hérétiques et rappellent la réalité charnelle du fils du Créateur fait homme sur Terre, connaissant la souffrance (la passion) pour racheter tous les hommes. Le corps et le sang du Christ sont un principe réel, fondateur de l’Église chrétienne, à travers l'eucharistie. De ce point de vue, les docètes sont de vulgaires hérésiarques, régulièrement condamnés dans de nombreux écrits.
Marcion est donc taxé de docète par Tertullien, ainsi que par son premier disciple, Apelle. Ce dernier refuse la conception marcionite du corps du Christ, formé d'éléments d'origine céleste. Gnostiscisme et manichéisme reprennent des éléments de la philosophie docétiste.
Évidemment, les pères de l’Église réfutent ces principes hérétiques et rappellent la réalité charnelle du fils du Créateur fait homme sur Terre, connaissant la souffrance (la passion) pour racheter tous les hommes. Le corps et le sang du Christ sont un principe réel, fondateur de l’Église chrétienne, à travers l'eucharistie. De ce point de vue, les docètes sont de vulgaires hérésiarques, régulièrement condamnés dans de nombreux écrits.
Marcion est donc taxé de docète par Tertullien, ainsi que par son premier disciple, Apelle. Ce dernier refuse la conception marcionite du corps du Christ, formé d'éléments d'origine céleste. Gnostiscisme et manichéisme reprennent des éléments de la philosophie docétiste.
Tertullien
Quintus Septimius Florens Tertullianus, plus communément appelé Tertullien, est né entre 150 et 160 à Carthage, dans l'actuelle Tunisie, et est décédé vers 220 au même endroit. Dans ce territoire nettement romanisé et païen, Tertullien se convertit au christianisme assez tardivement, en 193. Il serait le fils d'un centurion de l'armée romaine. Il a étudié la rhétorique, les sciences, l'Histoire et la poésie. Les éléments biographiques de Tertullien sont assez mal connus. Les événements majeurs sont bien sûr sa conversion, puis sa rupture avec l’Église traditionnelle en 207, lorsqu'il adhère au mouvement montaniste. Pédagogue et doctrinaire, il cherche, dans une œuvre écrite abondante et de langue latine, à développer une théologie fondatrice qui connaîtra une influence majeure dans le monde chrétien. Il est à ce titre considéré comme le théologien le plus important de l’Église primitive. Rapidement, il lutte contre les hérésies et tous les cultes païens. A ses yeux, Marcion est un gnostique dangereux, qu'il combattra dans un écrit polémique, le Contre Marcion, diffusé en 207 ap. J.-C.
Curieusement Tertullien est un père de l’Église qui ne sera jamais canonisé, (le seul avec Origène) car il rejoint à la fin de sa vie la secte montaniste, mouvement hérétique rigoriste, à la mode alors. Le style de Tertullien est percutant ; il est reconnu pour son sens de la formule frappant l'esprit des lecteurs.
Quelques citations :
- « Il n'appartient à aucune religion de faire violence à une autre ; un culte doit être embrassé par conviction et non par violence. »
- « Le Fils de Dieu a été crucifié : je n’en rougis pas, parce que c’est à rougir. Le Fils de Dieu est mort : c’est d’emblée croyable, puisque c’est inepte ; enseveli, il a ressuscité : c’est certain, parce que c’est impossible. »
- « En économisant sur la chair, tu acquerras l'esprit. »
Les gnosticismes
Le message chrétien est, dès les origines, lu, relu et interprété. Comment expliquer le succès des sectes gnostiques, cataloguées d'emblée comme hérésies, à l'époque ?
Marcion exclut de sa théologie le Dieu des juifs mais un courant va plus loin encore : le gnosticisme, concept métaphysique à plusieurs facettes. Du grec gnôsis, qui signifie la connaissance, le gnosticisme défend une approche supranaturelle du Christ et de son message. « L'ignorance est esclave, la gnôse rend libre », selon les gnostiques qui pensent que seuls quelques élus peuvent accéder la substance métaphysique des paroles de Jésus. Naît alors une sorte d'ésotérisme dont la connaissance est réservée à une poignée d'élus -des initiés- qui développent une pensée élitiste aux contours fluctuants et peu évidents à cerner.
Aux fondements de notre monde, se trouve un Démiurge tout puissant, identifié au Dieu judaïque, assisté d'archontes (anges mauvais), qui enferme l'âme dans la prison charnelle qu'est le corps de l'homme. Pour se libérer, l'homme doit accéder à une forme de plénitude, le plérôme, royaume du vrai Dieu transcendant, parfois nommé « l'Inconnu ».
Dès lors, les gnostiques apparaissent comme des mystiques, cherchant à tout prix à se détacher de leur prison physique pour atteindre un territoire céleste. Ils se considèrent comme les vrais Chrétiens, héritiers fidèles du message de Jésus. D'ailleurs la plupart des textes du Nouveau Testament sont récusés. L'opposition à la pensée chrétienne dominante se retrouve également dans le symbole du serpent, qui est ) leurs yeux l'incarnation de la connaissance que le Démiurge refuse d'accorder à l'homme.
Aux origines du gnosticisme, il y aurait un mage appelé Simon, de Samarie. Les pères de l’Église lui attribue le péché de simonie, c'est-à-dire, le trafic des choses saintes et devient alors le premier des hérétiques. Il aurait en effet demander à Pierre et à Jean, en Samarie, de lui transmettre contre de l'argent le pouvoir d'imposer le Saint-Esprit par les mains. Simon le Mage est donc le premier excommunié de l’Église.
Marcion exclut de sa théologie le Dieu des juifs mais un courant va plus loin encore : le gnosticisme, concept métaphysique à plusieurs facettes. Du grec gnôsis, qui signifie la connaissance, le gnosticisme défend une approche supranaturelle du Christ et de son message. « L'ignorance est esclave, la gnôse rend libre », selon les gnostiques qui pensent que seuls quelques élus peuvent accéder la substance métaphysique des paroles de Jésus. Naît alors une sorte d'ésotérisme dont la connaissance est réservée à une poignée d'élus -des initiés- qui développent une pensée élitiste aux contours fluctuants et peu évidents à cerner.
Aux fondements de notre monde, se trouve un Démiurge tout puissant, identifié au Dieu judaïque, assisté d'archontes (anges mauvais), qui enferme l'âme dans la prison charnelle qu'est le corps de l'homme. Pour se libérer, l'homme doit accéder à une forme de plénitude, le plérôme, royaume du vrai Dieu transcendant, parfois nommé « l'Inconnu ».
Dès lors, les gnostiques apparaissent comme des mystiques, cherchant à tout prix à se détacher de leur prison physique pour atteindre un territoire céleste. Ils se considèrent comme les vrais Chrétiens, héritiers fidèles du message de Jésus. D'ailleurs la plupart des textes du Nouveau Testament sont récusés. L'opposition à la pensée chrétienne dominante se retrouve également dans le symbole du serpent, qui est ) leurs yeux l'incarnation de la connaissance que le Démiurge refuse d'accorder à l'homme.
Aux origines du gnosticisme, il y aurait un mage appelé Simon, de Samarie. Les pères de l’Église lui attribue le péché de simonie, c'est-à-dire, le trafic des choses saintes et devient alors le premier des hérétiques. Il aurait en effet demander à Pierre et à Jean, en Samarie, de lui transmettre contre de l'argent le pouvoir d'imposer le Saint-Esprit par les mains. Simon le Mage est donc le premier excommunié de l’Église.
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