L'Interrogatio Iohannis, (littéralement la Question de Jean) ou la Cène secrète ou encore Questions posées par l'évangéliste au Seigneur à la dernière Cène est un texte sacré, d'origine bogomile, transmis aux Cathares, et présentant un dialogue secret entre l'apôtre Jean et Jésus. Ce texte en latin aurait été écrit au début du XIème siècle, et témoigne d'un dualisme mitigé paulicien (en opposition au dualisme absolu). Il aurait été transmis, à Concorezzo, en Italie, à l'évêque bogomile Nazaire aux alentours de 1190 par un évêque bogomile bulgare. Nazaire le porte en Languedoc vers 1209, au moment où commencent les persécutions conduites contre les cathares par le pape Innocent III. Cet opuscule est un texte majeur de la littérature cathare car il représente la source essentielle de leur doctrine.
La sôtériologie (étude des doctrines du salut) occupe, de plus, une place importante dans l'ouvrage. Le manuscrit, traduit en latin, a été conservé par l'Inquisition dans ses archives à Carcassonne ; il en existe toutefois une autre copie conservée à Vienne. On peut constater quelques différences entre les deux. Il est difficile de déterminer si le texte original de cet apocryphe a été rédigé en grec, en slave ou en latin. On sait toutefois que les hérétiques bulgares, français et italiens accordaient une valeur centrale à l'ouvrage dans la pratique de leur culte.
Le récit s'intéresse clairement à la Genèse qu'il réécrit, dans une tradition fortement dualiste. Précisément, Satan et Dieu, avant la Création, auraient eu une vive dispute. Par fierté, l'ange puissant, mais jaloux, se serait rebellé contre Dieu, qui l'aurait jeté loin des lumières célestes. Ne trouvant pas la paix, Satan demande au Créateur de lui accorder sa compassion. Ce dernier lui offre une trêve de sept jours, pendant lesquels il peut régner sur le monde. Toutefois, Satan trahit une nouvelle fois la volonté divine, en envoyant Enoch et Elie prendre possession des corps d'Adam et Eve auxquels Dieu à insufflé la vie, afin qu'ils commettent le péché originel, provoquant ainsi leur chute de l'Eden.
Dans la seconde partie de ce manuscrit, Satan règne désormais sur l'humanité, car il ne peut pas échapper à sa prison terrestre. Il continue son œuvre malfaisante, notamment avant la venue de Jésus, en ordonnant encore à ses démons de posséder cette fois le corps de Jean le Baptiste. A travers lui, ses paroles, et surtout le baptême par l'eau, il peut renforcer son influence malfaisante sur le genre humain, pour mieux défaire celle du Christ.
La sôtériologie (étude des doctrines du salut) occupe, de plus, une place importante dans l'ouvrage. Le manuscrit, traduit en latin, a été conservé par l'Inquisition dans ses archives à Carcassonne ; il en existe toutefois une autre copie conservée à Vienne. On peut constater quelques différences entre les deux. Il est difficile de déterminer si le texte original de cet apocryphe a été rédigé en grec, en slave ou en latin. On sait toutefois que les hérétiques bulgares, français et italiens accordaient une valeur centrale à l'ouvrage dans la pratique de leur culte.
Que contient-il de si fondamental pour les Bogomiles, et pour les Cathares ensuite ?Le texte est nettement incomplet : il manque principalement la « révélation secrète » que Jean aurait reçu de Jésus lors de la dernière Cène. En effet, l'apôtre aurait interrogé le Messie sur la signification de l'expression « manger ma chair et boire mon sang ». Encore une fois, on retrouve dans cette formulation la volonté d'inscrire la parole de Jésus dans une intention allégorique. On se rappelle que les Pauliciens rejetaient l'eucharistie, au sens où le sang représente pour eux, la nature divine de Jésus et, la chair son enseignement. La différence entre les deux manuscrits est vraiment flagrante. En effet, dans la copie de Carcassonne, on peut lire que Jean pose la question : « quid est manducare carne meam et bibere sanguinem meum ?1 », tandis que dans le manuscrit de Vienne, on y lit : « quid est caro tua et quid est sanguis tuus ?2 ». Cet exemple illustre les nombreuses variations et nuances sémantiques entre les deux textes, et par conséquence, les interprétations multiples qui peuvent être faites.
Le récit s'intéresse clairement à la Genèse qu'il réécrit, dans une tradition fortement dualiste. Précisément, Satan et Dieu, avant la Création, auraient eu une vive dispute. Par fierté, l'ange puissant, mais jaloux, se serait rebellé contre Dieu, qui l'aurait jeté loin des lumières célestes. Ne trouvant pas la paix, Satan demande au Créateur de lui accorder sa compassion. Ce dernier lui offre une trêve de sept jours, pendant lesquels il peut régner sur le monde. Toutefois, Satan trahit une nouvelle fois la volonté divine, en envoyant Enoch et Elie prendre possession des corps d'Adam et Eve auxquels Dieu à insufflé la vie, afin qu'ils commettent le péché originel, provoquant ainsi leur chute de l'Eden.
Dans la seconde partie de ce manuscrit, Satan règne désormais sur l'humanité, car il ne peut pas échapper à sa prison terrestre. Il continue son œuvre malfaisante, notamment avant la venue de Jésus, en ordonnant encore à ses démons de posséder cette fois le corps de Jean le Baptiste. A travers lui, ses paroles, et surtout le baptême par l'eau, il peut renforcer son influence malfaisante sur le genre humain, pour mieux défaire celle du Christ. L'ouvrage affirme ainsi que l'humanité n'est pas l’œuvre de Dieu mais bien de Satan.En conclusion, l'Interrogatio Iohannis rappelle la victoire du Bien sur le mal. L'auteur ajoute toutefois que le Bien et le Mal sont indissociables, et que leur opposition ne peut pas être dépassée, car le conflit entre les deux est éternel et sans solution.
Cet apocryphe constitue le « secret » des Cathares.
1 : Littéralement : « que signifie
manger ma chair et boire mon sang ? "
2 : Littéralement : « qu'est-ce que
ta chair et qu'est-ce que ton sang ? »

